En bref
- Agrandir maison impose presque toujours une autorisation travaux : soit déclaration préalable, soit permis de construire, selon la surface créée et la zone.
- Sous 5 m², aucun dossier n’est exigé en principe ; entre 5 et 20 m² (ou 5 et 40 m² en zone urbaine avec PLU), la déclaration suffit ; au‑delà, le permis devient obligatoire.
- Dès que la surface plancher totale dépasse 150 m² après travaux, le recours à un architecte est imposé par le code de l’urbanisme.
- Le permis de construire pour des travaux extension se prépare avec des plans précis, une notice détaillée et parfois une étude RE2020 ou de structure.
- Les règles urbanisme locales (PLU, secteurs protégés, monuments historiques) peuvent durcir les seuils et rallonger les délais.
- Un projet bien cadré, un dossier complet et des démarches administratives anticipées évitent les refus, les recours de voisins et les surcoûts de chantier.
Agrandir sa maison : comprendre quand choisir déclaration préalable ou permis de construire
Agrandir maison change tout l’équilibre de votre logement, mais aussi son statut administratif. Avant même de parler matériaux ou artisans, le premier choix à faire concerne l’autorisation travaux. Selon la taille de l’agrandissement et la localisation du terrain, vous aurez besoin d’une déclaration préalable ou d’un permis de construire. La frontière entre les deux repose sur des seuils précis.
Le premier critère est la surface plancher et l’emprise au sol créées par votre projet construction. Sous 5 m², aucune autorisation n’est demandée dans la plupart des communes, sauf en secteur protégé. Entre 5 et 20 m², la règle standard impose une déclaration préalable. En zone urbaine couverte par un PLU, la limite de la déclaration peut monter jusqu’à 40 m². Au‑delà de ces seuils, le permis devient la norme.
Le deuxième critère est la surface totale de la maison après travaux. Dès que l’agrandissement fait franchir la barre des 150 m² de surface plancher, un architecte doit signer le projet. Cela vaut même pour une extension modeste si la maison était déjà proche de ce seuil. Beaucoup de propriétaires se font piéger en calculant mal la surface existante, ce qui retarde ensuite le dépôt du dossier.
Le troisième critère est la situation de la parcelle dans les règles urbanisme locales. Une maison en zone agricole, dans un périmètre de monument historique ou proche d’un site classé ne joue pas avec les mêmes règles. Dans ces cas, la mairie peut refuser une simple déclaration et exiger un permis de construire, même pour une faible surface, car d’autres services de l’État doivent donner un avis formel.
Sur un projet d’extension bois de 18 m² accolé à un pavillon des années 80 en zone urbaine PLU, la déclaration préalable suffit en général. Le délai d’instruction tourne alors autour d’1 mois. À l’inverse, une véranda de 25 m² sur une maison en zone rurale non couverte par un PLU impose un permis, avec un délai de 2 à 3 mois selon les cas. Le type d’autorisation pèse donc directement sur le calendrier de votre chantier.
Ce choix a aussi un impact financier. En 2026, le montage d’un dossier de déclaration préalable par un professionnel coûte fréquemment entre 1 500 et 3 000 €. Un permis de construire complet, avec plans détaillés et insertion paysagère, se facture plutôt 3 000 à 6 000 €. Quand l’architecte est obligatoire, la facture grimpe facilement à 5 000 à 8 000 €, selon la complexité du projet construction.
Les textes évoluent peu sur ces seuils, mais les communes ajustent leurs PLU. Une consultation en mairie ou sur le géoportail de l’urbanisme reste donc la première étape. Le bon réflexe consiste à lister votre idée d’agrandissement, estimer la surface créée, puis vérifier dans quel régime elle tombe. Un projet cadré juridiquement dès le départ permet ensuite de comparer les devis de travaux sur des bases saines.
Cette clarification entre déclaration préalable et permis de construire pose le cadre. La suite logique consiste à regarder dans le détail les différents types d’extension, car tous ne pèsent pas de la même façon dans les calculs de surface.
Travaux d’extension : comment chaque type d’agrandissement impacte l’autorisation
Les travaux extension ne se résument pas à un simple cube ajouté au salon. Chaque configuration entraîne un calcul différent de surface plancher et d’emprise au sol, donc un régime d’autorisation différent. Comprendre ces nuances évite de déposer le mauvais dossier et de perdre plusieurs mois sur un refus de la mairie.
L’extension latérale, accolée à la maison, reste la plus fréquente. Elle augmente à la fois l’emprise au sol et la surface plancher. Un volume de 25 m² ajouté sur un terrain en zone rurale fera basculer le projet dans le permis de construire. Si la maison passe au‑dessus de 150 m² de surface totale, l’architecte devient obligatoire. Sur beaucoup de pavillons années 70 de 120 à 130 m², un simple ajout de 25 m² suffit à déclencher cette obligation.
La surélévation crée de la surface plancher sans toucher à l’emprise au sol, mais reste soumise aux mêmes règles urbanisme pour l’autorisation travaux. Elle implique en plus une étude de structure. En 2026, une étude sérieuse par un bureau d’ingénierie coûte en général 1 000 à 3 000 € selon le nombre de planchers à contrôler. La surélévation bascule très souvent en permis de construire, même quand la surface créée est modérée, car les mairies veulent un contrôle complet de l’impact urbain.
Les vérandas sont souvent perçues comme « légères ». Dans le code, elles sont pourtant considérées comme de la construction neuve. Une véranda de 15 m² en façade arrière peut rester en déclaration préalable. Au‑delà, elle rejoint le régime général du permis. Si elle est isolée et chauffée, elle entre par ailleurs dans le champ de la réglementation bâtiment RE2020 pour la partie thermique, avec attestation à fournir.
Les garages attenants obéissent à une règle particulière. La surface destinée au stationnement de véhicules ne compte pas dans la surface de plancher mais entre dans l’emprise au sol. Un garage de 25 m² ajouté sur un terrain déjà bien occupé peut donc déclencher un permis de construire en raison de cette emprise, même si la surface de plancher habitable ne change pas. Là encore, seul un calcul précis permet d’anticiper l’autorisation travaux à demander.
Les combles aménagés constituent un autre cas sensible. Tant que la hauteur sous plafond reste inférieure à 1,80 m, la création ne compte pas en surface de plancher. Dès que les travaux prévoient une hauteur supérieure sur une zone significative, la surface créée entre dans les calculs. Un aménagement de combles sur 30 m² utiles, avec isolation et fenêtres de toit, peut donc passer de simple rénovation intérieure à extension réglementaire soumise à déclaration ou permis.
L’extension en sous-sol, qu’il s’agisse d’un vide sanitaire transformé en pièce ou d’un niveau enterré supplémentaire, ne modifie pas l’emprise au sol. En revanche, la surface plancher augmente bel et bien si la hauteur est suffisante. Un sous-sol habitable de 40 m² ajouté sous une maison de 120 m² fait ainsi franchir le seuil de 150 m² et impose le recours à l’architecte, même si rien ne change en façade.
Pour garder une vue claire sur ces situations, le tableau suivant résume les effets principaux sur les surfaces et le type d’autorisation le plus fréquent, sous réserve des spécificités du PLU.
| Type de travaux extension | Impact sur surface plancher | Impact sur emprise au sol | Autorisation la plus fréquente |
|---|---|---|---|
| Extension latérale de plain-pied | Augmente | Augmente | Déclaration jusqu’à 20/40 m², puis permis |
| Surélévation (ajout d’un étage) | Augmente fortement | Stable | Le plus souvent permis de construire |
| Véranda isolée | Augmente | Augmente | Déclaration jusqu’au seuil, puis permis |
| Garage attenant pour stationnement | Stable (hors zones annexes) | Augmente | Souvent permis au-delà de 20 m² |
| Aménagement de combles | Augmente si hauteur > 1,80 m | Stable | Selon surface créée : déclaration ou permis |
| Extension en sous-sol habitable | Augmente | Stable | Selon surface et seuil des 150 m² |
Ces distinctions montrent pourquoi deux projets d’apparence similaire peuvent aboutir à des obligations différentes. Un agrandissement mal qualifié au départ se traduit par des allers-retours avec la mairie, voire une remise à plat complète du dossier. Une fois ce périmètre clarifié, la question devient alors celle du montage du dossier, plus ou moins lourd selon qu’il s’agit d’une déclaration ou d’un permis.
« Un devis sans détail des postes, je ne le signe pas — pour un dossier d’urbanisme, c’est la même chose, sans calcul de surface clair, le projet reste bancal. »
Après ce tour d’horizon technique, il est utile de détailler concrètement le contenu d’un dossier de permis de construire pour extension, ainsi que son coût réel dans un budget global de travaux.
Contenu et coût d’un permis de construire pour agrandir sa maison
Le permis de construire est la procédure la plus lourde, mais aussi la plus sécurisante lorsqu’il s’agit d’agrandir maison de façon significative. Le dossier doit permettre au service urbanisme de comprendre précisément le bâti existant, l’extension prévue et son intégration dans l’environnement. Un permis pour une extension mal préparée se traduit presque toujours par des demandes de pièces complémentaires.
Un dossier complet rassemble d’abord un formulaire adapté. Pour une maison individuelle, il s’agit du formulaire spécifique « maison et annexes », accompagné d’une éventuelle fiche complémentaire si plusieurs propriétaires sont concernés. À ce formulaire s’ajoutent plusieurs plans : plan de situation du terrain, plan de masse, coupes, façades existantes et futures. Le plan de situation peut être extrait du site Géoportail, mais doit être suffisamment lisible pour guider l’instructeur.
Une notice descriptive vient ensuite expliquer le projet. Elle présente le terrain, les accès, le stationnement, les aménagements paysagers, les matériaux utilisés et les couleurs prévues. Ce document pèse souvent lourd dans les secteurs où l’architecture ou les vues lointaines sont surveillées, comme les bords de mer ou les abords d’un monument historique. La moindre approximation sur les teintes de bardage ou la forme de toiture peut entraîner des prescriptions supplémentaires.
Le dossier intègre aussi un document graphique, souvent un photomontage, qui montre l’extension dans son contexte réel. Quelques photos originales du terrain, en vue rapprochée et lointaine, complètent l’ensemble. Pour un projet soumis à la RE2020, une attestation de prise en compte de la réglementation bâtiment est également exigée. Cette attestation repose sur une étude thermique, dont le coût atteint en moyenne 1 000 à 2 500 € pour une extension habitable de plus de 50 m².
Sur le plan financier, le montage d’un permis de construire pour extension représente un budget à part entière. En 2026, un dessinateur en bâtiment facture souvent 3 000 à 4 000 € pour un permis de 30 à 40 m², avec plans et notice. Un architecte, obligatoire au‑delà des 150 m² ou choisi volontairement, se situe plutôt entre 5 000 et 8 000 € pour la conception et le dépôt, selon la complexité des volumes et les échanges avec la mairie.
À ce coût administratif s’ajoutent parfois une étude de structure, entre 1 000 et 3 000 € pour une surélévation ou un ouverture de façade importante, et la taxe d’aménagement qui sera due après obtention du permis. Cette taxe, calculée sur la base de la surface créée et des valeurs forfaitaires de la commune, peut atteindre plusieurs milliers d’euros sur une grande extension. Une simulation sur le site des impôts locaux permet d’en avoir un ordre de grandeur.
Pour la construction elle-même, les prix au mètre carré sont très variables. Un ordre de grandeur réaliste en 2026 se situe autour de 1 800 à 2 500 €/m² pour une extension ossature bois hors fondations, et 2 000 à 3 000 €/m² pour une extension maçonnée isolée, finitions incluses. Un permis pour 30 m² d’extension représente donc un chantier entre 60 000 et 90 000 €, hors études et taxes, ce qui justifie de sécuriser l’autorisation dès le départ.
Le dépôt du dossier se fait soit par voie dématérialisée via le portail de la commune, soit par courrier recommandé, soit en main propre à la mairie. En retour, vous recevez un récépissé avec un numéro d’enregistrement et la date cible à partir de laquelle les travaux peuvent démarrer si aucune opposition n’est notifiée. Pour une maison individuelle, le délai théorique d’instruction est de 3 mois à compter du dépôt d’un dossier complet.
En cas de dossier incomplet, la mairie a 1 mois pour demander des pièces manquantes par courrier ou par voie électronique. Vous disposez alors de 3 mois pour répondre. Tant que la réponse n’est pas envoyée, le délai d’instruction reste suspendu. Une préparation précise des documents en amont, avec des plans cohérents et une notice bien rédigée, évite ces allers-retours et sécurise le calendrier.
Une fois ce fonctionnement du permis éclairci, la question se pose de façon concrète : pour un projet donné, comment trancher entre déclaration préalable et permis, seulement à partir de la surface créée et de la zone ?
Seuils de surface et règles d’urbanisme : décider entre déclaration préalable et permis
Le cœur de la décision entre déclaration préalable et permis de construire tient dans quelques nombres. Ces seuils sont nationaux, mais leur interprétation dépend de la présence ou non d’un PLU et des règles urbanisme locales. Un propriétaire averti commence par poser ces chiffres sur le papier pour son terrain précis.
Dans la majorité des communes, la grille suivante s’applique. En dessous de 5 m² de surface plancher ou d’emprise au sol créée, aucune autorisation n’est exigée pour un abri ou une petite avancée, hors secteur protégé. Entre 5 et 20 m², l’extension relève de la déclaration préalable. En zone urbaine d’un PLU, la déclaration reste possible jusqu’à 40 m². Au‑delà de 20 m² hors PLU, ou de 40 m² en zone PLU urbaine, le permis de construire devient incontournable.
Une subtilité importante tient au cumul. Si votre projet extension ajoute 35 m² dans une zone urbaine avec PLU, la déclaration reste théoriquement possible. Mais si la surface totale de la maison passe alors au‑dessus de 150 m² de surface plancher, l’intervention d’un architecte se déclenche, même avec une simple déclaration. Dans les faits, beaucoup de maîtres d’œuvre préfèrent basculer sur un permis dans ces configurations pour sécuriser totalement l’opération.
Les secteurs particuliers compliquent la donne. En zone classée, dans le cœur d’un parc national ou au sein d’un site patrimonial remarquable, l’absence de réponse de la mairie ne vaut pas forcément accord tacite. Le silence peut signifier refus, notamment lorsque l’Architecte des Bâtiments de France a émis un avis défavorable. Dans ces cas, la moindre extension, même de 10 m², exige une vigilance accrue sur le type de dossier et son contenu.
La hauteur et l’aspect extérieur jouent également. Un agrandissement qui dépasse la hauteur maximale autorisée par le PLU ou qui modifie fortement la volumétrie de la maison sera instruit avec plus de rigueur. Des prescriptions peuvent imposer des tuiles spécifiques, des teintes précises de bardage ou des dimensions de baies vitrées. Ces prescriptions apparaissent dans l’arrêté d’autorisation lorsque la mairie accepte le projet avec réserves.
Pour décider sereinement, une démarche structurée reste la plus efficace. Elle repose sur quelques étapes simples.
- Mesurer la surface de plancher existante et celle projetée, avec une hauteur sous plafond > 1,80 m.
- Vérifier si le terrain se situe en zone urbaine couverte par un PLU ou dans une autre zone.
- Identifier les servitudes éventuelles : passage, vue, réseaux enterrés, canalisation d’assainissement.
- Consulter en mairie les contraintes spécifiques : secteur sauvegardé, abords de monument, risques naturels.
- Appliquer la grille des seuils pour déterminer autorisation travaux : aucune, déclaration ou permis.
Un agrandissement qui paraît « raisonnable » à l’œil peut devenir lourd administrativement en franchissant un seuil réglementaire mal anticipé. Un garage de 22 m² hors PLU, par exemple, bascule déjà dans le permis, même si le bâti principal reste identique. Sur un pavillon modeste, ce détail peut ajouter plusieurs mois de délai et plusieurs milliers d’euros de conception.
Une fois le type de dossier verrouillé, la suite logique consiste à dérouler les démarches administratives dans l’ordre, depuis le dépôt jusqu’aux déclarations de fin de chantier, pour éviter les blocages ultérieurs sur les impôts ou lors d’une revente.
Démarches administratives d’urbanisme : du dépôt de dossier à la fin des travaux
Qu’il s’agisse d’une déclaration préalable ou d’un permis de construire, un agrandissement suit toujours une chronologie précise côté démarches administratives. La partie chantier n’est vraiment sécurisée que si chaque étape est respectée, du dépôt initial à la déclaration d’achèvement.
La première étape est le dépôt du dossier. Selon les communes, il se fait par voie électronique via un guichet urbanisme en ligne, par courrier recommandé ou en main propre à la mairie. Pour un permis de construire, il faut en général fournir 5 exemplaires complets, voire 6 pour un projet situé dans un parc naturel. La mairie délivre un récépissé avec un numéro et un délai prévisionnel de réponse.
Le délai d’instruction commence à la date de dépôt d’un dossier complet. Pour une maison individuelle, il est de 3 mois pour un permis et d’1 mois pour une déclaration préalable. Pour d’autres types de constructions, le délai peut monter à 4 mois. Si le dossier est incomplet, la mairie a 1 mois pour réclamer les pièces manquantes. Sans réponse dans les 3 mois qui suivent, la demande est rejetée tacitement.
Au terme de l’instruction, plusieurs issues sont possibles. L’autorisation peut être accordée par un arrêté signé du maire, avec ou sans prescriptions. Elle peut aussi être refusée, ou faire l’objet d’un sursis à statuer lorsque la commune prépare un nouveau PLU ou une opération d’aménagement. Dans certains cas, l’absence de réponse au terme du délai vaut autorisation tacite, sauf exceptions liées aux sites protégés.
Une fois l’autorisation obtenue, elle doit être affichée sur le terrain. Un panneau rectangulaire d’au moins 80 cm de côté, lisible depuis la voie publique, doit mentionner la nature du projet, la surface créée, le numéro de permis ou de déclaration et l’adresse de la mairie. Cet affichage doit rester en place pendant toute la durée du chantier, et au minimum pendant 2 mois pour faire courir le délai de recours des tiers.
La durée de validité d’un permis de construire est en principe de 3 ans. Les travaux doivent commencer dans ce délai et ne pas être interrompus plus d’un an consécutif. Une prolongation d’1 an, renouvelable une fois, reste possible si les règles d’urbanisme n’ont pas changé. La demande de prolongation doit être adressée en mairie au moins 2 mois avant l’échéance de validité, par courrier ou via la plateforme dédiée.
Au démarrage effectif des travaux, une déclaration d’ouverture de chantier doit être transmise à la mairie. Cette formalité, souvent oubliée, permet de matérialiser officiellement le début des opérations. Elle s’effectue par formulaire simplifié, envoyé par voie électronique ou par courrier recommandé.
À la fin des travaux, la dernière étape est la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux, la DAACT. Ce document signale à la commune que le projet est terminé et que l’extension respecte l’autorisation délivrée. La mairie dispose alors d’un délai pour effectuer un contrôle éventuel. Sans réaction dans ce délai, la conformité est réputée acquise.
Ces formalités ont un impact direct sur la fiscalité. L’agrandissement entraîne la mise à jour des bases d’imposition pour la taxe foncière et, le cas échéant, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Il déclenche aussi le calcul de la taxe d’aménagement et de la redevance d’archéologie préventive, lorsque la commune les a instituées. Un contact avec le centre des impôts fonciers permet d’anticiper ces montants.
Une fois cette mécanique administrative maîtrisée, reste la question du budget global de l’agrandissement. Le choix entre déclaration et permis influe sur le coût de la conception, mais le poste principal reste le coût des travaux eux-mêmes, qui doit être analysé poste par poste.
Budget, erreurs fréquentes et arbitrages pour un agrandissement de maison réussi
Un projet pour agrandir maison se juge autant sur son budget que sur sa faisabilité réglementaire. Le type d’autorisation influe sur le coût de la conception, mais ce n’est qu’une partie de l’équation. Les erreurs de calcul de surface, les oublis de taxes ou les imprévus de structure pèsent souvent plus lourd que la différence entre déclaration préalable et permis de construire.
Sur la partie études et démarches, les ordres de grandeur sont clairs. Une déclaration préalable bien montée, plans compris, se facture généralement entre 1 500 et 3 000 €. Un permis de construire pour une extension de taille moyenne monte à 3 000 à 6 000 €. Pour un projet qui dépasse 150 m² de surface totale, les honoraires d’architecte atteignent souvent 5 000 à 8 000 €, avec un niveau de détail supérieur sur les plans et le suivi du dossier.
Les erreurs fréquentes se concentrent autour de quelques points. La première consiste à sous‑estimer la surface de plancher existante et à franchir sans le voir le seuil des 150 m². La seconde est de démarrer les travaux avant la fin du délai de recours des tiers, ou pire, avant l’obtention de l’autorisation. La troisième tient à l’oubli des servitudes ou des règles d’aspect imposées par le PLU, qui aboutissent à des reprises de chantier coûteuses.
Sur le volet purement travaux extension, les prix réalistes tournent autour de 1 800 à 2 500 €/m² pour une extension ossature bois de bonne qualité, hors fondations spéciales, et 2 000 à 3 000 €/m² pour une extension maçonnée classique, isolée et avec finitions intérieures. Une surélévation ou un aménagement de combles complexe peuvent coûter plus cher au mètre carré, en raison des renforts de structure et des contraintes d’accès.
La taxe d’aménagement ajoute un niveau de coût souvent oublié dans les premiers devis. Son montant dépend de la surface taxable, de la valeur forfaitaire fixée par l’État et des taux votés par la commune et le département. Sur une extension de 30 à 40 m² dans une commune moyenne, elle atteint fréquemment plusieurs milliers d’euros. Une simulation en ligne aide à intégrer ce poste dès le plan de financement initial.
Les arbitrages pratiques se font alors entre la taille de l’extension, le choix des matériaux et le niveau de finition. Réduire légèrement la surface pour rester en déclaration préalable ou sous un palier de taxe peut avoir du sens dans certains projets construction. À l’inverse, lorsqu’une famille a besoin de deux vraies pièces supplémentaires, rogner 5 m² pour rester sous un seuil réglementaire conduit souvent à un agrandissement trop petit pour l’usage réel.
Dans la réalité de nombreux chantiers, les projets les plus sereins sont ceux où le propriétaire a pris le temps de faire établir au moins deux devis détaillés poste par poste, avec distinction claire entre gros œuvre, isolation, menuiseries, second œuvre et études. Une comparaison à ce niveau évite de choisir une offre « tout compris » qui sous‑dimensionne la structure ou néglige la RE2020 pour être moins chère à court terme.
Avant d’avancer, la prochaine étape concrète consiste à faire vérifier finement la surface de plancher créée et la zone urbanistique de votre terrain, puis à faire établir un chiffrage complet incluant études et taxes sur la base du type d’autorisation requis.
À partir de quelle surface faut-il un permis de construire pour une extension de maison ?
En règle générale, une extension de 5 à 20 m² relève de la déclaration préalable, et jusqu’à 40 m² en zone urbaine couverte par un PLU. Au-delà de 20 m² hors PLU, ou de 40 m² en zone PLU urbaine, l’agrandissement nécessite un permis de construire. Il faut aussi vérifier si la surface totale de la maison dépasse 150 m² après travaux, car cela impose le recours à un architecte.
Comment calculer la surface de plancher pour un agrandissement ?
La surface de plancher correspond à la somme des surfaces closes et couvertes, avec une hauteur sous plafond supérieure à 1,80 m, mesurées au nu intérieur des murs. On exclut notamment les garages utilisés pour le stationnement, certains combles non aménageables et les parties avec hauteur insuffisante. Ce calcul doit intégrer la maison existante et la surface créée pour déterminer le type d’autorisation travaux.
Combien coûte en moyenne un permis de construire pour agrandir sa maison ?
En 2026, le coût de préparation d’un permis de construire pour extension, avec plans et notice, se situe souvent entre 3 000 et 6 000 € lorsqu’il est confié à un dessinateur ou un maître d’œuvre. Lorsque la surface totale dépasse 150 m² et qu’un architecte est obligatoire, les honoraires montent généralement entre 5 000 et 8 000 €, hors études complémentaires (structure, thermique) et hors taxe d’aménagement.
Quels sont les risques si l’on agrandit sans autorisation d’urbanisme ?
Réaliser une extension sans déclaration préalable ni permis de construire expose à des sanctions pénales et financières, avec une mise en conformité imposée, voire une démolition. La situation complique aussi fortement une future revente, car le notaire demandera les autorisations et pourra bloquer la transaction. Régulariser après coup reste possible mais plus long, plus incertain et souvent plus coûteux que déposer le bon dossier dès le départ.
Faut-il toujours afficher un panneau sur le terrain pour une extension ?
Dès qu’une déclaration préalable ou un permis de construire est accordé, l’affichage sur le terrain est obligatoire. Le panneau, d’au moins 80 cm de côté, doit mentionner la nature du projet, la surface créée, le numéro de l’autorisation et l’adresse de la mairie. Il doit rester visible pendant toute la durée du chantier, et au minimum pendant deux mois pour faire courir le délai de recours contentieux des tiers.